Etat d’urgence sanitaire : Vers une nouvelle prorogation jusqu’au 30 mai et des mesures de reconfinement partiel

 
Le président de la République est prêt à poursuivre la guerre contre le Covid-19

La semaine a commencé lundi par l’intervention en duplex du président de la République sur France 24 et RFI, et s’achèvera demain dimanche soir par son message radio-télévisé sur l’état de la lutte contre le Covid-19 à travers lequel il touchera probablement les« maux » des 67 cas controversés qui ont contaminé l’opinion. 

Fotoan-gasy. « L’Entretien » exclusif accordé par le locataire d’Iavoloha à France 24 et RFI a débuté exactement à l’heure annoncée le 11 mai dernier. Bon nombre d’auditeurs et de téléspectateurs espèrent qu’il n’y aura pas de « fotoan-gasy » pour son discours de demain prévu normalement en prime time. Pourquoi pas à 20 h …13. Qui plus est, Andry Rajoelina est rompu à l’exercice depuis la proclamation de l’état d’urgence sanitaire sur toute l’étendue du territoire de la République lors du conseil des ministres du 21 mars 2020. Une première période de 15 jours qui devait être prolongée à trois reprises face à la circulation du coronavirus.

Déconfinement encadré. Une quatrième prorogation jusqu’au 30 mai va être décidée en conseil des ministres aujourd’hui, compte tenu de l’augmentation du nombre de cas positifs. Tout particulièrement à Toamasina et Moramanga où des mesures de reconfinement ne sont pas à exclure afin de contenir la propagation de l’épidémie. Le déconfinement partiel pourrait même être remis en question ou du moins encadré dans d’autres régions comme Analamanga où, les mesures barrières semblent se limiter au port obligatoire de cache-bouche. Transformé parfois en cache-menton. Les bidons avec robinet installés dans les lieux publics et destinés au lavage de mains sont pratiquement tombés à l’…eau. A l’image du gel hydro-alcoolique des taxi-be qui a également disparu de la circulation. Sans parler des bars pour qui, l’heure de fermeture s’apparente à un serment d’ivrogne. 

Collé serré. Devant ce relâchement quasi-généralisé, le président de la République va probablement ordonner de nouvelles mesures. Du genre de celles qui viennent d’être prises dans la capitale par les autorités de la Ville qui ont suspendu la réouverture des marchés hebdomadaires de Mahamasina, Ambodin’Isotry, Andravoahangy… où la distanciation sociale de un mètre est loin d’être de mise. C’est le « collé serré » comme dans les distributions de « Vatsy Tsinjo » et autre « Tosika Fameno » où personne ne se soucie de personne. Oubliés les gestes barrière du genre « tousser ou éternuer dans le pli du coude ». La règle semble être le « katsaka anaty lapoaly, izay tsy mahatanty mipitika ».

Mesures économiques. On attend aussi du président de la République, des mesures d’ordre économique notamment en direction du secteur privé qui demande une aide de 50 milliards d’Ar. par mois à l’Etat. Et ce, afin d’alléger entre autres, la perte de salaires liée au chômage technique qui risque même de se solder par des pertes d’emplois définitives. Il y a aussi les transporteurs nationaux et internationaux qui sont toujours à l’arrêt. A cause du spectre de la récession qui plane sur l’économie, la monnaie nationale risque littéralement de se convertir en « Franc Mofo Gasy ». 

Priorité. Le Chef de l’Etat doit tenir compte – au propre comme au figuré – de tous ces paramètres et répondre aux attentes des Malgaches qui ne sont pas forcément les mêmes selon les secteurs d’activité, les catégories sociales, les régions… Quoique la priorité des priorités reste « la santé de tous les Malgaches », le président de la République est confronté au dilemme « handroso maty raibe, hihemotra maty renibe ».

R. O